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Portions chez l’enfant : combien mettre dans son assiette entre 4 et 11 ans ?

« Il n’a presque rien mangé ce midi. »

« Elle en redemande, est-ce que je dois la resservir ? »

« Il mange presque autant que moi, est-ce normal ? »

Lorsqu’il s’agit de préparer l’assiette de son enfant, les questions sur les quantités sont nombreuses.

Et c’est compréhensible : en tant que parent, on veut s’assurer que son enfant mange suffisamment pour bien grandir, sans pour autant lui servir des portions trop importantes.

Mais il y a une chose essentielle à retenir : il n’existe pas une portion parfaite valable pour tous les enfants.

L’âge donne des repères, mais l’appétit peut être très différent d’un enfant à l’autre… et même d’un repas à l’autre.

Alors, combien mettre dans l’assiette d’un enfant entre 4 et 11 ans ? Faisons le point.

Les portions d’un enfant ne sont pas celles d’un adulte

Un enfant grandit, bouge, apprend et dépense de l’énergie. Mais cela ne signifie pas qu’il doit manger les mêmes quantités qu’un adulte.

Le guide Manger-Bouger pour les parents d’enfants de 4 à 11 ans donne un repère très simple :

entre 4 et 6 ans, une portion correspond en moyenne à environ la moitié de celle d’un adulte.

Puis, entre 7 et 11 ans, les quantités augmentent progressivement pour atteindre, vers 11 ans, une portion proche de celle d’un adulte.

Cela reste néanmoins un repère.

Deux enfants du même âge, de la même taille et ayant des activités similaires peuvent avoir des appétits différents.

L’important est avant tout que chaque enfant grandisse à son rythme. Le guide rappelle d’ailleurs que la courbe de croissance suivie par un professionnel de santé constitue un repère pour vérifier l’évolution du poids et de la taille.

Quelle quantité mettre dans l’assiette d’un enfant ?

Tout dépend de l’aliment.

Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’est pas nécessaire de peser chaque aliment pour préparer une assiette adaptée.

Pour les légumes, fruits, légumes secs et féculents

Ici, inutile de sortir la balance de cuisine.

Le guide recommande de servir une portion puis de resservir l’enfant selon son appétit, quel que soit son âge.

On peut donc proposer des légumes et des féculents dans l’assiette et laisser l’enfant demander davantage s’il a encore faim.

Pour les repas principaux, le guide conseille notamment de prévoir une portion de légumes ainsi qu’une portion de féculents ou de légumes secs. spf00005493.pdfPDF

Pour la viande, le poisson et les œufs

Les repères sont plus précis.

ÂgePortion indicative
4 à 6 ansEnviron 50 g de viande, volaille ou poisson, ou 1 œuf
7 à 10 ansLa quantité augmente progressivement
Vers 11 ansEnviron 100 g de viande, volaille ou poisson, ou 2 œufs

Pour visualiser, 50 g correspondent par exemple à une petite escalope de poulet ou environ la moitié d’un steak haché.

Vers 11 ans, on arrive progressivement à la portion adulte : environ 100 g de viande ou de poisson, ou deux œufs.

Il n’est cependant pas nécessaire de proposer de la viande, du poisson ou des œufs tous les jours. On peut alterner avec des sources de protéines végétales, notamment les légumes secs associés aux produits céréaliers.

Une petite portion d’abord… et on ressert si besoin

C’est probablement l’un des conseils les plus simples à appliquer.

Au lieu de servir immédiatement une assiette très remplie, commencez par une petite quantité.

Votre enfant a encore faim ?

Reservez-le.

Il n’a plus faim ?

Il n’est pas nécessaire qu’il termine son assiette.

Cette façon de faire permet de donner un cadre tout en laissant à l’enfant une place importante : celle d’écouter son appétit.

Le guide Manger-Bouger recommande justement de servir de petites quantités et de ne resservir l’enfant que s’il le demande.

Pourquoi mon enfant mange-t-il beaucoup certains jours et presque rien d’autres ?

C’est une situation que connaissent beaucoup de parents.

Un soir, votre enfant réclame une deuxième assiette.

Le lendemain, il mange trois bouchées et vous annonce qu’il n’a plus faim.

Cela peut être déroutant.

Pourtant, l’appétit d’un enfant n’est pas identique à chaque repas.

Le guide explique que les jeunes enfants savent généralement assez bien réguler leur appétit. La répartition peut simplement varier au cours de la journée : un enfant qui mange peu à midi pourra avoir davantage faim le soir.

Plutôt que d’analyser chaque repas séparément, il est donc préférable de prendre un peu de recul.

Faut-il obliger un enfant à finir son assiette ?

Non.

« Encore trois bouchées. »

« Termine ta viande. »

« Fais un effort pour maman. »

Ces petites phrases sont souvent prononcées avec de bonnes intentions.

Pourtant, demander systématiquement à un enfant de terminer son assiette peut progressivement l’éloigner de ses propres sensations.

Un enfant qui dit qu’il n’a plus faim peut tout simplement être rassasié.

L’objectif est justement de l’aider à reconnaître ces signaux.

Le guide recommande de faire confiance à l’appétit de l’enfant et de ne pas le forcer à terminer son assiette lorsqu’il indique qu’il n’a plus faim. Il déconseille également d’utiliser des phrases comme « encore une petite cuillère pour me faire plaisir ».

Un enfant ne devrait pas manger pour faire plaisir à l’adulte.

Il mange parce qu’il a faim.

Et s’il demande à se resservir ?

Là encore, pas besoin de paniquer.

Un enfant qui demande une deuxième portion ne mange pas forcément « trop ».

Il peut simplement avoir davantage faim ce jour-là.

Peut-être a-t-il beaucoup bougé.

Peut-être traverse-t-il une période où son appétit est plus important.

L’idée n’est donc pas de contrôler chaque bouchée, mais de l’aider progressivement à se poser la question :

« Est-ce que j’ai encore faim ? »

Manger lentement est également important, car cela permet de mieux percevoir la satiété. Le guide conseille aussi de limiter les distractions pendant le repas, notamment les écrans, qui peuvent conduire à manger plus mécaniquement.

Qui décide de quoi dans l’assiette ?

J’aime beaucoup cette distinction, car elle permet de clarifier le rôle de chacun.

Le parent décide de ce qui est proposé.

Il organise les repas, choisit les aliments disponibles et essaie de proposer une alimentation variée.

L’enfant, lui, apprend à déterminer la quantité dont il a besoin.

Cela ne signifie évidemment pas qu’il décide de manger uniquement du dessert s’il refuse le plat.

L’adulte reste responsable du cadre alimentaire.

Mais à l’intérieur de ce cadre, l’enfant peut progressivement apprendre à écouter ses sensations de faim et de satiété.

C’est d’ailleurs exactement l’approche mise en avant dans le guide : proposer une alimentation variée tout en laissant à l’enfant une place dans la régulation des quantités.

À quoi peut ressembler une assiette équilibrée ?

Il n’est pas nécessaire de préparer une entrée, un plat et un dessert à chaque repas.

L’important est surtout de proposer une alimentation variée.

Au déjeuner ou au dîner, on peut retrouver :

  • des légumes ;
  • des féculents ou des légumes secs ;
  • selon le repas, une source de protéines comme des œufs, du poisson, de la volaille ou de la viande ;
  • puis éventuellement un fruit, une compote, un yaourt ou du fromage.

Et pour boire, l’eau reste la boisson recommandée. spf00005493.pdfPDF

Encore une fois, ces aliments constituent un cadre, pas une assiette que l’enfant doit obligatoirement terminer.

Les erreurs fréquentes avec les portions des enfants

La première est probablement de servir une portion d’adulte à un jeune enfant, puis de s’inquiéter lorsqu’il ne termine pas.

Mais d’autres habitudes peuvent également brouiller ses repères :

  • comparer son assiette avec celle de son frère ou de sa sœur ;
  • insister pour qu’il mange davantage alors qu’il n’a plus faim ;
  • refuser systématiquement de le resservir lorsqu’il dit avoir encore faim ;
  • utiliser le dessert comme récompense : « Si tu termines tes légumes, tu auras ton dessert » ;
  • commenter constamment les quantités qu’il mange.

Chaque enfant possède son propre appétit.

Notre rôle est de l’accompagner pour qu’il apprenne progressivement à le reconnaître.

Le conseil de la diététicienne

Les portions sont des repères, pas des objectifs à atteindre.

Commencez par servir une quantité adaptée à l’âge de votre enfant, sans remplir excessivement son assiette.

S’il a encore faim, il pourra demander à être resservi. S’il n’a plus faim, inutile de lui demander de terminer à tout prix.

Plus que la quantité mangée à un repas précis, intéressez-vous à son alimentation dans son ensemble et laissez-lui progressivement la possibilité d’écouter ses sensations.

En conclusion : des repères plutôt que des règles

Entre 4 et 6 ans, retenez ce repère simple : environ la moitié d’une portion adulte.

Puis, entre 7 et 11 ans, les portions augmentent progressivement pour se rapprocher de celles d’un adulte.

Mais ces chiffres ne racontent pas toute l’histoire.

Un enfant n’est pas une calculatrice.

Son appétit évolue selon les jours, les repas et les périodes de sa vie.

Alors oui, les parents ont besoin de repères pour savoir quoi mettre dans l’assiette.

Mais notre rôle n’est pas d’apprendre à un enfant à terminer une quantité prédéfinie.

C’est aussi de l’aider à reconnaître quand il a faim… et quand il n’a plus faim.

C’est une compétence précieuse qu’il pourra conserver bien au-delà de l’enfance.

Sources :
Santé publique France – Le guide Manger-Bouger pour les parents d’enfants de 4 à 11 ans.

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